Une forêt jardinée, (par place ou pied par pied) intégrant le principe de la plantation à large écartement, en demande en effet énormément en ce sens que chaque sortie du forestier doit porter.... Sécateur en poche, il doit défourcher sans relâche, affaiblir les tires-sève et oser ce que l'on pourrait considérer comme impensable : installer châtaigniers, chênes rouges d'Amérique et Douglas (voire du Pin de Weymouth) sur sols podzollisés ou profiter de chaque inclusion argileuse sur sol sablonneux pour multiplier les fruitiers sauvages, pyrrhus et malus entre autres.
Et si les sols se dégradent laissant se développer les houx par exemple, ne pas hésiter à les éduquer pour en obtenir des billes dignes d'être exploitées.

Par ailleurs, sur un territoire somme toute relativement limité mais par contre bien giboyeux (de l'ordre de la cinquantaine de chevreuils pour 200 hectares, dont les seuls prédateurs sont les voitures circulant sur les artères bordant le bois) on ne remarque pas de dégâts particulièrement évidents. Il n'y a cependant ni protection collective ni protection individuelle. Les marques d'abroutissement sont concentrées et dirigées par le gestionnaire. Favoriser le recru ligneux, maintenir une régénération naturelle dense et insérer des arbres "pièges" sont autant de facteurs capitaux pour détourner l'attention des herbivores...
Alors que le but avoué de cette gestion est de s'approcher au plus d'une sylviculture "pro sylva" qui saura favoriser au mieux, dans ces peuplements mixtes, les essences minoritaires; la façon dont sont protégées (et même étendues) les zones humides et marécageuses peut paraître artificielle.

Mais il faut avoir à l'esprit que cette forêt "universitaire" est aussi laboratoire de recherches en ingéniérie forestière (matériel ligneux et techniques de gestion) ainsi que lieu d'éducation et d'incitation au respect de la Nature : ceci peut expliquer cela....Ce qui est possible ici ne le sera pas forcément ailleurs ! Mais le tout est de le vouloir et surtout d'essayer par respect pour les arbres qui finiront par nous enterrer, dirait Jean-Claude Mangeot !...
En attendant nous sommes toujours bien
vivants !!!

















































